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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 17:05

Big brother is watching you:

 

La proposition de loi relative à la nouvelle carte nationale d’identité électronique (CNIE) a été votée le 7 juillet à l’Assemblée nationale, après que le Sénat est donné son aval le 31 mai...

Revenons un instant sur la polémique du « fichier des gens honnêtes », actuellement en débat au parlement à l’occasion d’un texte de loi qui préfigure la future carte d’identité électronique (CNIE). Destinée officiellement à « protéger l’identité » comme est censé le faire la « vidéoprotection » dans l’espace public, ce projet de loi devrait être définitivement adopté dans les prochains jours.

bons françaisLe but affiché de cette nouvelle carte d’identité est la lutte contre l’usurpation d’identité (évidemment..) Ce phénomène en constante augmentation et inquiète fortement les autorités qui veulent à tout prix défendre leurs chers citoyens de ce problème attristant.L'on sait depuis longtemps que les gouvernements cherchent à nous protéger de tous les malheurs qui pourraient nous arriver.

Les nouvelles mesures ne sont en rien des manipulations ou des contrats signés avec des lobbys du secteur biométrique, bien entendu. Tout cela n'est proposé que pour notre propre sécurité. 

La nouvelle carte d’identité intégrera deux puces électroniques. La première puce, dite “régalienne”, contiendra les données d’état civil (nom, prénom, sexe, date et lieu de naissance) ainsi que des données biométriques (taille, couleurs des yeux, empreintes digitales, photographie). La seconde puce, dite “services”, est destinée aux services et commerce électronique.

Pourquoi intégrer une puce commerciale à une carte d’identité ?

On peut d’ores et déjà s’interroger sur la présence de cette seconde puce, qui est, selon le texte, optionnelle. Pourquoi intégrer une puce “commerciale” à une carte d’identité ?

Serait-ce une campagne importante de lobbying de la part du secteur de la biométrie?

En effet, via le groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques (GIXEL), huit entreprises ont été auditionnées lors de l’élaboration du texte.

Bien entendu, il s'agit lors de la création d'un texte de loi, non pas de discuter des tenants et aboutissants avec la population, mais des bénéfices à tirer de la situation avec les multinationales concernées.

De l’aveu même du co-auteur de la proposition de loi, le sénateur Jean-René Lecerf, il y a “un petit problème éthique”. (petit? rire...)

Une fois de plus, au nom de la sécurité l'on va nous vendre de la technologie. Pour vendre de la vidéosurveillance, on a habillé la mariée en l'appelant vidéoprotection Les caméras devaient être le nec plus ultra pour éradiquer la violence urbaine, elle n'a fait que déplacer le problème. Les États Unis et l'Angleterre sont les pays les mieux équipés en caméras et ce ne sont pas les mieux à même de nous donner des leçons en matière de violence urbaine. Comme l'argent ne dort jamais, le business du repérage est maintenant dans la biométrie. A grand renforts de technologies complexes et de déni de l'humain, la société se fragilise en devenant paranoïaque.

Le système de fichier centralisé, lequel serait à “liens faibles”, c’est à dire qu’il serait impossible de croiser les données biométriques entre elles (évidemment) , “seule l’entreprise Morpho est capable de le faire”.

La société Morpho qui appartient au groupe Safran est une entreprise spécialisée dans la biométrie. Elle fait partie du GIXEL et a été auditionnée par l’assemblée parlementaire. De plus, on connaît la volonté affichée du gouvernement d’aider ce secteur industriel d’avenir dans lequel les entreprises françaises sont à la pointe. La présence d’une puce “services” dans la nouvelle CNIE s’inscrit donc très certainement dans un patriotisme économique.

 

Faisons marcher l'industrie française:

 

Le business de la biométrie est en plein boom : selon l'agence Markets & Markets, le marché mondial de la biométrie représentera 8,5 milliards d'euros d'ici 2015. Cette expansion se fait particulièrement sentir dans les pays émergents où les états civils, quand ils existent, sont souvent parcellaires.

L'Inde a ainsi lancé un vaste projet visant à constituer une base de données biométriques de ses habitants, remporté en 2010 par l'entreprise française Morpho, filiale du groupe d'armement et de défense Safran.

Dans son édition du 2 janvier, Le Figaro détaille. Ce « marché de l'identité » de 1,5 milliard de dollars – que Morpho partage avec une autre filiale de Safran – entend collecter les empreintes digitales et les scans de l'iris de 200 millions d'Indiens d'ici à juin prochain. A terme, elle recensera l'intégralité de la population du deuxième pays le plus peuplé du monde.

 

Jean-René Lecerf, sénateur du Nord (UMP), auteur [PDF] de la proposition de loi :

« Le sujet engage aussi des enjeux économiques, industriels. [...] Les entreprises françaises, en pointe sur ce domaine, veulent investir le marché français. [...] Elles ne vendent rien en France, ce qui les pénalise à l'exportation par rapport aux concurrents américains. »

« Un signal fort en faveur de notre industrie »

Même son de cloche du côté de Philippe Goujon, rapporteur du projet de loi à l'Assemblée nationale :

« Les principales entreprises [...] du secteur sont françaises, dont trois des cinq leaders mondiaux des technologies de la carte à puce, emploient plusieurs dizaines de milliers de salariés très qualifiés et réalisent 90% de leur chiffre d'affaires à l'exportation. [...] Le choix de la France d'une carte nationale d'identité électronique serait un signal fort en faveur de notre industrie. »

Le texte, l'on s'en rend bien compte, a été adopté sous la pression d’un lobby et aboutit à un fichage généralisé de la population que l’on peut juger disproportionné.

C’est d’autant plus inquiétant puisque le dernier fichier central et général de la population française fut instauré par le régime de Vichy en 1940 avant d’être détruit à la Libération.

“Un sujet complexe et délicat qui aurait mérité mieux que la présence de 11 députés“... 

Il apparaît alors légitime de se demander le sort que nous réserve les différents gouvernements, aux vues des récentes déclarations de guerre contre le cyber activisme, encore rare mouvement populaire internationale et sans leader luttant contre l'oligarchie mondiale, devenant très gênant et presque effrayant pour les pantins apatrides. 

Dans ces temps modernes, il ne serait pas surprenant de voir les mentors du gouvernements, créer une césure entre les citoyens, distinguant, honnêtes gens et terroriste. La peur de l'autre, et la création de confiance dans le fameux "Vous n'avez rien a vous repprocher" fait étrangement penser au roman 1984 de Geoges Orwell ou au manifique ouvrage d'Aldous Huxley, le meilleur des mondes.

 

A vrai dire, cette distinction portant sur la supposée « honnêteté » des gens sert un tout autre projet politique : conditionner M. Tout le monde à accepter sans rechigner l’existence même d’un fichier de population tentaculaire, et l’obliger à choisir son camps : soit tu es terroriste, néonazi ou pédophile (ou pourrais bien le devenir, sale petit pervers), soit tu es honnête et tu laisses les grandes personnes décider à ta place de l’existence même de ces bagnes numériques.

 

A bon entendeur...

 

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commentaires

gdm 23/01/2012 01:50

souriez... la vie est belle...

Yvon 22/01/2012 20:13

ce document me laisse d'ailleurs perplexe !
si j'ai bien tout lu comme il faut (ce qui ne doit pas être le cas ! ), les industriels français du secteur disent que si l'état ne fiche pas ses citoyens (fichage biométrique), d'autres
industriels (étrangers) le feront ! ! ? ?

habitant du monde 22/01/2012 20:11

La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi
celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. Ca plus les puces RFID, hum, ça sent l'abus.

system D 22/01/2012 19:41

Les entreprises françaises sont en pointe mais elles ne vendent rien en France, ce qui les pénalise à l’exportation par rapport aux concurrents américains. il faut donc rentabiliser

La Libre dépêche


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