Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 14:25

Le gaz de schiste, nouvel eldorado des multinationales

 

Les gaz de schistes sont des gaz enfermé assez profondément (environ 3000m) dans des stratifications relativement résistantes. Certaines compagnies veulent les exploiter. Seulement, comme cela nécessite de faire un gros forage, puis de casser la couche de schiste (et dans le même un peu tout le sous sol autour) pour en libérer le gaz, ensuite d’introduire des quantités d’eaux énormes avec beaucoup de produits chimiques très agressifs, pour capter le gaz et le faire remonter à la surface. Sachant que lors de la remontée de ces eaux chargées en acides divers, il y a beaucoup d’infiltrations dans les sols à travers des micro-fissures crées lors l’explosion nécessaire pour casser la couche de schiste contenant le gaz. Il y a donc un risque de pollutions de sols et des nappes phréatiques.

Vous l'aurez compris, tout ce processus est positif pour l’environnement le profits de multinationales.

Or juste avant son départ Borloo a offert aux grandes compagnies exploitants les énergies fossile un gros cadeau : des permis d’exploitation de gaz de schistes un peu partout en France. Et la Lorraine n’en est pas exempte, même si le processus n’en est (officielement) qu’à la phase des prospections, c’est à dire des recherches de gisements, les exploitations ont déjà commencés sous le couvert de "tests" de fonctionnement.


images-copie-2.jpgEPL a annoncé le 16 septembre avoir trouvé 164,7 milliards de barils d'huile de schiste et 649.707 milliards de pieds-cubes de gaz de schiste dans le sous-sol lorrain.

Une quantité d'hydrocarbures non conventionnels qui ne serait pas exploitable sans utilisation de la fracturation hydraulique et qui donc ne devrait pas être exploité si la loi du 13 juillet 2011 est appliquée.

Dans le même temps, EPL qui espère pouvoir influer sur le gouvernement français afin qu'il revienne sur l'interdiction de la fracturation hydraulique . Interdiction qui ( vous n'êtes pas dupes) est présente dans les textes et dans la loi du mois de juillet pour rassurer l'écolo septique et le citoyen curieux, mais devant des valises de billets et un marché grandissant, les compagnies ne vont pas avoir bien longtemps mettre en route leurs exploitations. (Voir fin de l'article, l'analyse en détail de la loi)

 

Les impacts environnementaux sont énormes et désastreux. Les opérations de fracturation en plus d'utiliser des quantités astronomiques d'eau, utilise «de 80 à 330 tonnes de produits chimiques» souvent gardés secrets. «De ceux qui sont connus, plusieurs sont toxiques pour l'environnement et la santé humaine», note le rapport. 

 

Sans parler de ce qui remonte dans les conduites d'eau courantes, et des nappes phréatiques se chargeant des produits toxiques. Selon des analyses indépendantes menées par le documentariste américain Josh Fox,

l'eau polluée par ces produits dangereux et mortels (alors qu'ils sont annoncés comme étant quasiment "anodins pour la santé")  devient dans certains cas, inflammable. Oui vous lisez bien...

 


 


Voici une animation particuliérement bien faite, relatant du gaz sz schiste et de ses effets:

Merci à OWNI

http://app.owni.fr/gaz/

 

Comprendre la loi voté le 11 mai dernier:  «fracturation hydraulique» 

-La loi n’interdit pas les permis d’exploration ou d’exploitation des gaz et huiles de schiste

La loi se focalise uniquement sur ceux impliquant «des forages suivis de fracturation hydraulique de la roche». Autrement dit: tant qu’il n’y a que forage, tout est permis. Et au delà, ce n’est que la fracturation hydraulique qui est interdite.

-La loi n’interdit pas l’usage de techniques consistant à injecter de l’eau sous pression chargée de produits chimiques

La loi ne rend illégale que «la fracturation hydraulique». Il suffirait de renommer la méthode de fracturation hydraulique en «stimulation de la roche» comme cela se dit déjà chez les gaziers, et ces derniers peuvent reprendre tranquillement leur exploitation! C’est vrai que pour un juriste, tout est dans l’expression, dans la lettre de la loi. Défendre l’esprit de la loi est une toute autre paire de manche.

Un amendement du groupe SRC proposait pourtant d’interdire également «toute autre technique nécessitant d’injecter dans la roche-mère des adjuvants chimiques ou une quantité d’eau importante». Et pas d’explosion souterraine, faible ou puissante car les explosions font des failles par lesquelles s’échappent les matières toxiques que renferment le sous-sol: arsenic, matières radio-actives, cadmium, etc.

Mais c’est le camp de «l’innovation» technologique qui a remporté la manche, suivant l’idée selon laquelle le législateur doit laisser aux exploitants la liberté de développer d’autres méthodes que celle de la fracturation hydrauliques.

-La loi n’interdit pas l’exploitation d’hydrocarbures offshores

Le terme «non conventionnels» ayant disparu, les explorations et exploitations prévues au large de la Côte d’Azur ou de la Guyane restent parfaitement légales. La député Christiane Taubira était furieuse à juste titre que rien ne puisse être inclus dans la loi.

-La loi n’interdit pas l’exploitation des sables bitumineux

Tombant également sous le terme «hydrocarbures non conventionnels», les sables bitumineux ne sont ni mentionnés, ni visés par cette loi.

D'autant qu'il y a moins d'une semaine, la compagnie Australienne European Gas Limited a fait un communiqué annonçant cette découverte en moselle et en Lorainne.

 

-Une petite conclusion

Pourquoi n’irait-on pas s’amuser à exploiter le charbon comme on le fait dans les Appalaches qui sont parmi les plus anciennes montagnes du monde?

Là on rase les forêts en haut des montagnes, on brûle les troncs (pas le temps de le débiter et d’en faire quelque chose), puis on fait sauter le sommet de la montagne (jusqu’à détruire près de 200 mètres de cette montagne) à coup d’explosifs très puissants, pour extraire le charbon, ensuite on rebouche grossièrement et on jette le trop plein de terre, de rochers, de décombres variés qui sont toxiques par dessus bord dans les vallées.

Les rivières sont ainsi partiellement enterrées et complètement polluées. Les gens vivent dans le vacarme des explosions, la poussière, la pollution de l’air et le danger d’être écrasés par des rocs (un petit enfant a été tué ainsi pendant son sommeil).

L’image du cyclope, elle est là-bas, dans les Appalaches. Vous pouvez regarder ces photos sur le site anglophone Appalachian Voices et voir le désastre dans cet article de Wikipedia qui propose des photos: Mountaintop removal mining.

Heureusement que la loi n’interdit que la fracturation hydraulique (article 1) car il reste tant à expérimenter (article 4). Gaziers, pétroliers et charbonniers, unissez-vous pour l’empire du pire et du désastre.


 

Merci à Free Goupil

Partager cet article

Repost 0

commentaires

anti nucléaire 26/10/2011 16:37


Sais tu si un collectif pourrait être monté dans la région, afin de démenteler ce réseau et mettre en lumière les forages illégaux?!

Merci pour ton travail :)


natiponti 21/10/2011 13:04


En accordant des permis de recherche exclusifs, à des fins d'exploitation de gaz non conventionnel, dits "gaz de schiste", l'État a livré aux multinationales Total, EGL (European Gas Limited),
Hess/Toreador, Schuepbach Energy et GDF Suez, des hectares entiers de terres dans le Bassin Parisien, en Rhône Alpes, PACA, Nord Pas de Calais, Lorraine et Franche Comté.


Sans aucun débat public, bien entendu!!!

Et on se demande encore qui financent les politiques??
blague..


leatherworker 19/10/2011 20:31


A part remplir les poches des multinationales, et bien sûr bousiller la santé et l'environnement de la France (et de la planète) à quoi sert l'extraction du gaz ? A quelles fins est-il recherché
?
C'est un débat et une question qui date d'il y a 6 ans déjà au Texas (dixit Rue89).


jakobi 18/10/2011 13:01


J'habite dans les vosges et régulièrement des émanations aux odeurs de soufre et d'essence envahisse mon jardin, situé dans une ancienne zone marécageuse.
Pensez vous qu'il soit probable que ces remontées dans la nappe phréatique soit une conséquence des forages de schiste?


La Libre dépêche


 indiscret, bavard, le Cancanier  ce site, libre où vous pourrez piocher l'information, celle là même que l'on essaye souvent de vous cacher ou de vous interpréter.