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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 22:54

 

Les médias , la propagande sémantique

 

Selon la définition de Guy Durandin, la propagande a pour but d’exercer une influence sur les personnes : « soit pour les faire agir dans un sens donné [...], soit au contraire, pour les rendre positifs et les dissuader de s’opposer à certaines actions menées par le pouvoir... ».

Dans ce cas, les médias peuvent avoir un rôle très dangereux. Ces méthodes sont aussi appelées « bourrage de crâne ».

Le but de la propagande est donc bien de répandre des informations de telle manière que le récepteur soit dans l’incapacité de faire un autre choix que celui d'accepter et d'intérioriser les informations données par l'émetteur.
Ce n'est pas pour rien si aujourd'hui l'on nomme le terme « 4ème pouvoir » pour qualifier l'action des médias dans la société. Les médias sont un organe "non institutionnel" qui avait pour but premier la retransmission objective de faits.
Aujourd'hui, il en est tout autre, les médias sont détenus par les grands groupes financiers, qui présentent l'information pour leurs profits personnels ou ceux de leurs associés, politiques, juridiques, ou publicitaires.
Le pouvoir utilise les médias pour diffuser leurs idéologie et endormir l'opinion et la réflexion.
Le discours de l'impunité;
Toutes les sociétés actuelles dirigés par des dictateurs déguisés en président par les élites gouvernantes, utilisent des stratagèmes pour se distancer des réalités. Le discours de l'impunité est bien rond. Par exemple, l'on ne parle pas de "génocide ou de crime de guerres des israéliens en Palestine", mais "d'action de paix", on ne parle pas de "conquête du pétrole", mais de "guerre contre le terrorisme" , l'ancien président de l'Uruguay Sanguinetti ne parle jamais "d'enfants volés", il dit: "Les enfants nés en captivité et qui ont perdu leur identité." On dit non pas "dictature", mais "gouvernement de fait". La langue des dictateurs s'immisce dans tous les domaines: la politique, la science, l'art, l'école, la famille.
Notez l'importance des mots utilisés par les médias pour ne pas soulever de contradictions, de réflexions, ou d'étonnement à l'écoute de ces faits.

L’univers médiatique est ainsi peuplé d’illusions qui, par définition, se font oublier.
Les unes sont structurelles, car elles ne varient pas selon les lieux et les époques : il s’agit, par exemple de « l’illusion du médium » qui se fait si transparent lors d'un journal télévisé que nous en venons à l’oublier et que nous croyons accéder directement à la réalité, alors que nos cinq sens, nos mots, nos images, par exemple, sont les intermédiaires obligés entre nous et la réalité. Quand la présentatrice nous dit " le nuage Tchernobyl ne passera pas la frontière, il s'arrêtera avant la France", à l'instant T de l'appropriation de cette information, nous la percevons comme juste!

« Ceci n’est pas une pipe », écrivait paradoxalement Magritte sur son tableau où était pourtant peinte une pipe : c’est vrai, ce n’était que « la représentation d’une pipe ». De même n’accédons-nous jamais à un fait, mais à « la représentation d’un fait » : il ne faut pas confondre, disait Paul Watzlawick , « la carte » et le terrain qu’elle représente. On n’accède, en effet, qu’à des cartes, plus ou moins précises, mais seulement à des cartes !
« L’illusion de la gratuité de l’information » réserve, elle aussi, des surprises, comme si les médias ne passaient pas au filtre serré de leurs intérêts personnels, renfloués par une influence pour ne pas dire ordre de l'élite gouvernante.

Or, comme si ça ne suffisait pas, les médias rajoutent d’autres illusions dans nos relations sociales : ce sont les leurres qu'ils multiplient pour arriver à leurs fins, par nécessité, pour obtenir de nous ce qu'ils en attendent.
On flatte – « Parce que vous le valez bien ! » On simule un appel sexuel, car « le leurre d’appel sexuel » est sans égal pour capter l’attention et obtenir que « l’objet du désir devienne désir de l’objet ».  La simulation d’un appel humanitaire, car par « le leurre d’appel humanitaire » on s’adresse à ce que l’être humain a de plus généreux en lui, en s’ouvrant sans défense : les médias et sociétés marchandes en abusent abuser forcément.
Le médias s’arrogent une autorité qu’ils font passer pour infaillible, car « l’argument d’autorité » fait ployer le genou de tous ceux à qui l’éducation a enseigné la soumission aveugle à l’autorité.



La domination du langage marchand

Le pouvoir diffuse l'idéologie marchande par le biais de son influence sur les médias, et l'utilisation de son langage.
La domination sur les consciences passe essentiellement par l'utilisation viciée du langage par la classe économiquement et socialement dominante. Étant détenteur de tout les moyens de communications, le pouvoir diffuse l'idéologie marchande par la définition figée, partielle et partiale qu'il donne des mots.
Les mots sont présentés comme neutre et allant de soi, mais sous le contrôle du pouvoir le langage désigne toujours autre chose que la vie réelle, c'est avant tout un langage de la résignation et de l'acceptation des choses telles qu'elles sont et telles qu'elles doivent demeurés.
Les mots travaillent pour le compte des élites, l'utilisation du language du pouvoir, nous condamne à l'impuissance.
barreau copieChaque mot ou expression est utilisé pour nous enfoncer encore un peu plus dans cette idéologie marchande de consommation à outrance. Tout est fait pour stigmatiser celui qui s'oppose et pour mettre sur un piédestal celui qui consomme. Les publicités, séries et journaux télévisés reflètent la vision capitaliste pointé par les élites.
Le retour vers des médias relatant la réalité objective d'une société embrigadée dans un système ou population et services sont devenus des marchandises, à exploiter et à vendre est devenu impossible.

Il suffit de voir cette foule hypnotique connectée devant tous les écrans qui accompagnent leur vie quotidienne. Ils trompent leur insatisfaction permanente dans le reflet manipulé d’une vie rêvée, faite d’argent, de gloire et d’aventure.
Mais leurs rêves sont tout
aussi affligeants que leur vie misérable. Il existe des images pour tous et partout, elles portent en elle le message idéologique de la société moderne et servent d’instrument d’unification et de propagande. C’est l’enfant qui est la cible première de ces images car il s’agit d’étouffer la liberté dans son berceau. Il faut les rendre stupides et leur ôter toute forme de réflexion et de critique. Tout cela se fait bien entendu avec la complicité déconcertante de leurs parents qui ne cherchent même plus à résister face à la force de  frappe cumulée de tous les moyens modernes de communication. Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises nécessaires à l’asservissement de leur progéniture. Ils se dépossèdent de l’éducation de leurs enfants et la livrent en bloc au système de l’abrutissement et de la médiocrité.

Il y a des images pour tous les âges et pour toutes les classes sociales. Et les citoyens devenus esclaves modernes de cette société, confondent ces images avec la culture et parfois même avec l’art. On fait appel aux instincts les plus sordides pour écouler les stocks de marchandises. Et c’est encore la femme, doublement esclave dans la société présente, qui en paye le prix fort. Elle en est réduite à être un simple objet de consommation.
L’image est toujours aujourd’hui la forme de communication la plus simple et la plus efficace. On construit des modèles, on abrutit les masses, on ment, on crée des frustrations. On diffuse l’idéologie marchande par l’image car il s’agit encore et toujours du même objectif : vendre, des modes de vie ou des produits, des comportements ou des marchandises, peu importe mais il faut vendre.

Nous nous complaisons dans ce système de propagande marchande où le langage dominant réduit notre pensée à ce qu'ils nous présentent comme "réalité".




" La langue est ce que l'humain possède de plus personnel. L'objectif est de détruire tous les liens, tout ce qui unit les individus. Le symbole le plus puissant de ce réseau de liens est la parole, qui relie les générations entre elles, les enseignants aux élèves, les parents aux enfants, etc. Toute la parole créatrice de liens doit finit par pourrir." Carlos Liscano

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commentaires

Bingo 18/01/2010 01:58


Une crise globale touche la terre entière. La crise financière est partie du secteur immobilier aux Etats- Unis et a gangrené peu à peu l’ensemble du système bancaire mondial. Elle s’ajoute aux
menaces contre tous les secteurs essentiels à la vie humaine, depuis le logement jusqu’à la santé, l’alimentation et le climat. Cette crise globale est accentuée par la généralisation du principe
de spéculation à toute activité, à toute ressource et à la vie elle-même.

STOPPPPPP!


Al3 18/01/2010 00:04


Jeunes gens, que pensez-vous des images que l'on nous passe à la télévision, dans les journaux... Véridiques ? Pas si sûr...
En effet, les médias se disent actuellement "porteurs de la vérité du monde".

Très bon article, si seulement tout le monde pouvait en prendre conscience, la vie en serait tout autrement


silvi 17/01/2010 23:50


Excellent article, très bien écrit, très bien ficelé, beau style, bref, je fais tourner expressément


La Libre dépêche


 indiscret, bavard, le Cancanier  ce site, libre où vous pourrez piocher l'information, celle là même que l'on essaye souvent de vous cacher ou de vous interpréter.