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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 21:22

Mais qui avait financé et armé Hitler? 

Tout a commencé avec Fritz Thyssen :

 

Fritz Thyssen, le plus grand industriel de la sidérurgie  allemande de l´époque, donna une série d´interviews aux éditeurs connus, Emery Reves et César Saerchinger, lesquelles donnèrent lieu à un livre sous le titre : « I Paid Hitler » (J´ai financé Hitler ) .  Le titre du livre est une reconnaissance du rôle de Thyssen dans l´Allemagne nazie, mais le livre n´est pourtant qu´une partie de la vérité. Thyssen, qui était l´homme le plus riche d´Allemagne, raconte avoir donné des grandes contributions au Parti nazi.  De son père August Thyssen, Fritz Thyssen avait hérité une aciérie et des industries des métaux dans la région de Ruhr, et les  avait transformées en un empire. Fritz Thyssen avait, au début du 19e siècle, une position dominante dans la vie industrielle et financière allemande et une grande influence dans plusieurs pays en Europe. Fritz Thyssen devint actif dans la vie politique après la première guerre mondiale. Il n´accepta jamais les sanctions économiques de les accords de paix de Versailles contre l´Allemagne vaincue et organisa entre autres la résistance passive contre l´occupation française de la Ruhr.

Fritz Thyssen chercha, après cela, un nouveau leader pour l´Allemagne. Thyssen voulait avoir quelqu´un qui pouvait contribuer au « rétablissement de l´Allemagne en faisant de nouveau naître une volonté nationale et en présentant un programme social moderne » . Et Fritz Thyssen d´ajouter : « dans un pays qui, à un moment, avait sept millions de chômeurs, il était nécessaire de détourner les pensées des masses des fausses belles promesses du socialisme radical. Car ces extrémistes avaient commencé à prendre le dessus pendant la dépression économique, tout comme ils avaient été près de gagner pendant la période révolutionnaire qui avait suivi l´effondrement de 1918 » .

Le choix de Thyssen devint Adolphe Hitler. Hitler avait comme premier objectif de combattre les communistes et le mouvement syndical et d´interdire ces organisations. De plus, Hitler voulait que l´Allemagne puisse conquérir le rôle de leader dans les domaines militaire et industriel en Europe. Comme indication dans ce sens, Hitler avait voulu expulser tous les Juifs qui, selon lui, s´occupaient de la conspiration de dominer le monde et de dompter l´Allemagne. La richesse de Fritz Thyssen et son aide politique étaient ce qui, à l´origine du nazisme, avait donné à Adolphe Hitler, une base économique stable et des contacts précieux avec le grand capital allemand.

L´histoire politique d´Hitler commença après la première guerre mondiale. Pendant la guerre, Hitler était planton et caporal. A la fin de la guerre, il prit un emploi dans l´armée du district de Munich comme espion de la Défense nationale allemande, ce qui restait de l´armée allemande après la défaite. La tâche  d´ Hitler était d´espionner la gauche et le mouvement syndical. La première mission d´ Hitler était de reprendre, en 1919, le contrôle du petit parti de droite, le Parti allemand du travail, Deusche Arbeitepartei. Dans les réunions du parti, Hitler excitait grossièrement contre les communistes, les socialistes, les syndicalistes et les Juifs. C´était un démagogue exceptionnel qui connaissait l´art d´exciter le public. Il attira vers le parti, les anciens militaires de profession, les officiers et les sous-officiers, ce qui donna au parti un profil militaire.

Hitler prit vite le leadership du parti. Il changea le nom du parti en Parti national socialiste allemand du travail – NSDAP, et adopta un programme qui comprenait des principes nationalistes extrémistes et une forte idéologie antisocialiste, et antisémite. Les années suivantes furent caractérisées par un chômage massif et une grande agitation sociale. La propagande haineuse d´Hitler lui attira des partisans et le parti grandit.

L´Allemagne après la première guerre mondiale

 Les situations révolutionnaires au sein de la classe ouvrière allemande ne manquaient pas. Les travailleurs voulaient le socialisme, les bourgeois défendaient l´ancienne classe des privilégiés. Les capitalistes finançaient la création des légions pour les utiliser contre les tentatives des travailleurs à la révolte et l´organisation. Les légions étaient constituées des anciens officiers qui s´étaient battus pendant la première guerre mondiale et qui pendant ce temps étaient des chômeurs. Ces légions étaient amenées dans tout le pays, elles attaquaient sauvagement toutes les réunions de gauche et les tentatives des travailleurs à s´organiser et terrorisaient toute la population ouvrière d´Allemagne.

Le magnat de l´industrie Fritz Thyssen faisait partie de ce mouvement contre la classe ouvrière. Thyssen voulait contribuer à casser le mouvement ouvrier allemand. Thyssen avait peu des contacts dans les milieux politiques. Dans ses mémoires, il raconte qu´il a cherché conseil chez un ami, le général Erich Ludendorff, à Munich. Le général Ludendorff était un ancien prussien, un bon ami du maréchal Paul Von Hindenburg, chef d´état-major des forces allemandes pendant la première guerre mondiale. Ludendorff était de ceux qui, pendant la guerre, avaient été nommés pour sauver l´Allemagne. Comme ancien ami du grand capital allemand, le général Ludendorff jouissait d´un grand prestige dans la haute classe allemande et était l´un des premiers représentants des soit disant patriotes  des légions qui poursuivaient et pourchassaient les ouvriers.

Ludendorff était payé par le capital industriel. Selon Thyssen, il avait « sollicité et obtenu l´aide de plusieurs leaders industriels, surtout de Minnoux du groupe Stinnes » .  Il savait où l´argent devait être utilisé pour mieux anéantir la révolte ouvrière.Ludendorff admirait énormément Hitler». « Il est le seul  homme qui a quelque intelligence politique» .

Fritz Thyssen suivit les conseils de Ludendorff.  Il participa comme spectateur à une réunion publique où Hitler parlait et où il trouva ce qu´il cherchait. « C´était en ce moment-là que je me rendis compte de son talent oratoire et sa capacité à conduire les masses ». Mais ce qui m´impressionna le plus, c´était  l´ordre qui régnait dans ses réunions, la discipline presque militaire de ses partisans » , écrivit-il.

Le capital industriel finance Hitler

Le Parti nazi d´Hitler voulait devenir le plus grand parti de la droite. Mais Hitler manquait de l´argent. Il était difficile de réaliser le projet politique des Nazis sans des grandes contributions et même de payer la canaille qui était prête à s´habiller sous l´uniforme de S.A. Thyssen et Hitler se retrouvèrent. Ils se rencontrèrent pour la première fois à la fin octobre 1923. La première contribution de Thyssen au Parti nazi fut « cent milles mark en or » . C´était le moment.  Hitler et Ludendorff  étaient justement entrain de préparer un coup d´état à Munich et l´argent fut donc bien utilisé.

6j75dx5x.JPGHitler visite une usine de Thyssen

Le capital monopoliste des Etats-Unis et la Grande Bretagne investissent dans Hitler 

L´intérêt pour les investissements étrangers en Allemagne devraient s´être refroidi avec la prise du pouvoir par Hitler en janvier 1933. Il n´en fut cependant pas le cas. La vague des investissements étrangers en provenance des Etats-Unis et de la Grande Bretagne, surtout dans l´industrie allemande de l´armement, continua de manière ininterrompue. La politique de violence de Hitler et des Nazis contre leur propre peuple et contre les Etats frontaliers de l´Allemagne n´eût pas d´impact sur la volonté d´investir de la part des Etats-Unis et la Grande Bretagne.

Le fait que la bourgeoisie ne réagit pas lorsque des centaines de milliers des membres du Parti communiste et les organisations syndicales furent enfermés sans des camps de concentration peu après la prise du pouvoir par Hitler ainsi que lorsque les Nazis tuaient des centaines des dirigeants, ne nous étonne pas. Les pensées de la bourgeoisie sur la démocratie n´existent que pour eux-mêmes,  pas pour tout le peuple. Mais le manque de réaction continua lorsque les Nazis commencèrent à poursuivre les Juifs avec des accusations racistes et en plus lorsqu´après la nuit (kristalnatten), en 1938, ils commencèrent à enfermer et tuer les Juifs dans les camps de concentration. Une partie des Juifs étaient des personnes occupant des fonctions de direction dans la vie économique et industrielle allemande, des compagnons d´affaires des capitalistes des Etats-Unis et de la Grande Bretagne. Toutefois, cela ne changea pas la position des investisseurs. La chasse au profit se poursuivit comme d´habitude. Le capital continua à affluer en provenance des Etats-Unis et de la Grande Bretagne pour l´industrie allemande de l´armement.

Le feu vert pour un investissement continu et accru dans les industries allemandes avait été donné dans les traités de paix et les pactes de non agression que la Grande Bretagne, la France, la Pologne signèrent avec l´Allemagne nazie et l´Italie fasciste au cours des années 1930.  En 1933, peu après la prise du pouvoir par Hitler, la Grande Bretagne et la France prirent l´initiative «d´un pacte de compréhension mutuelle et de coopération », avec l´Italie fasciste et Allemagne nazie.  En 1938, La Grande Bretagne et la France signèrent la Convention de Munich avec l´Italie fasciste et l´Allemagne nazie par laquelle elles abandonnèrent la Tchécoslovaquie dans les mains des Nazis. La Grande Bretagne et l´Allemagne signèrent, en septembre 1938, une déclaration selon laquelle elles ne devaient plus jamais aller en guerre l´une contre l´autre. La France fit la même chose en décembre 1938. Aucun des crimes nazis n´arrêta les soit disant investissements des démocraties occidentales en Allemagne nazie. L´accord de Munich était, politiquement, une grande victoire pour Hitler. Fritz Thyssen écrivit ceci dans son journal intime: « C´était avant tout le Pacte de Munich qui donna au régime national socialiste une gloire historique. Il était, aux yeux des masses, une confirmation du fait que Hitler était sans faute et mis les nouveaux leaders en position de mener, pendant les années suivantes, une politique qui conduisit l´Allemagne dans une guerre que le peuple allemand n´avait pas prévue et qu´il n´avait pas souhaitée » .

Le capital monopoliste de l´occident gagne de l´argent sur les guerres d´Hitler contre leurs propres pays.

Que le monde de la finance n´ait pas de moral et d´éthique est bien connu et démontré. Surtout à travers l´aide économique (que) de si gros investissements provenant des Etats-Unis et la Grande Bretagne impliquèrent pour l´économie nazie. Mais peu de gens s´imagineraient que ces affaires allaient continuaient pendant la guerre entre leurs propres pays et l´Allemagne nazie. Une guerre qui, en plus, était imposée à ces pays par l´Allemagne nazie. Il en fut de toute façon comme cela.

L´histoire de ces affaires et les accords économiques a toujours été un chapitre très secret dans plusieurs pays. Il en est toujours ainsi entre autres, en Grande Bretagne. En ce qui concerne les Etats-Unis, ces affaires secrètes ont été dévoilées avec la publication du livre de l´écrivain nord-américain, Charles Highmans, « Trading With the Ennemi : An exposé of The Nazi-Américan Money Plot 1933-1949 », publié à New York en 1983.  Charles Higham est un écrivain connu qui avait alors déjà publié plusieurs ouvrages, surtout des romans et des biographies des personnalités connues dans le domaine de l´art et du cinéma. Mais Charles Higham vient d´une famille d´origine juive. « Auschwitz est un mot pour toujours gravé dans mon cœur» , écrit Higham. C´était décisif pour les révélations que Higham allait révéler au monde.

L´intérêt de Charles Higham pour les affaires secrètes pendant la guerre mondiale commença en 1978 quand il faisait des recherches sur les affirmations faites sur les contacts du cinéaste Errol Flyms avec les Nazis. Higham a écrit un livre sur ce sujet –The Untold Story. Mais pendant les recherches autour de Errol Flym, Higham mit la main sur les archives de la bibliothèque, plusieurs références sur des politiciens connus et des hommes d´affaires qu´« il avait toujours cru avoir été liés à la chose américaine » mais qui « avaient une marque de suspicion pour les activités subversives » . Ces rumeurs -là sur les contacts entre la grande finance, les politiciens et les Nazis, avaient existé après la deuxième guerre mondiale mais des preuves n´avaient jamais été mises en lumière.

Higham recut maintenant sur son bureau de travail d´innombrables références aux documents qui avaient été gardés dans plusieurs archives aux Etats-Unis. Charles Higham se décida alors d´aller jusqu´au fond de cette affaire. Higham commença à chercher ces documents d´archives en archives mais même quand il trouvait quelque chose, il était surpris de constater que tout était sous le cachet du secret! Higham ne jeta pas l´éponge. Il commença le grand travail de faire lever toutes mentions « secrets ». Invoquant la Freedom of Information Act des Etats-Unis, Charles Higham débuta le processus juridique très économiquement coûteux et exigeant en termes de temps pour faire supprimer les seaux du secret. Ceci lui avait pris beaucoup d´années de travail. Les premiers documents qu´il arriva à lire conduisaient à de nouveaux documents et à des nouvelles exigences sur la levée du seau du secret dans une chaine qui ne prenait jamais fin. Le résultat était troublant pour Higham. « Ce que j´avais trouvé était très indignant » , écrivit-il.

La première chose que Higham découvrit était que le président Roosevelt avait, le 13 décembre 1941, six jours après l´attaque japonaise sur Pearl Harbor et quatre jours après la déclaration de guerre de Hitler contre les Etats-Unis, signé un décret, le « Trading With the Enemy Act » (législation de commerce avec l’ennemi) dans lequel des arrangements légaux pour le commerce avec les ennemis pouvaient officiellement être autorisés par le ministre des finances. Il était scandaleux que ceci fût possible,  pensa Higham. Mais ce fut pire que cela. Les entreprises des Etats-Unis  outrepassaient toutes les limites  possibles pour ce qui était officiellement autorisé et établissaient des grandes affaires secrètes avec les Nazis.

Charles Higham, un homme aux valeurs bourgeoises, avait une croyance solide dans le système démocratique des Etats-Unis et ne pouvait, en aucun cas, croire que ceux qui étaient assis sur le piédestal démocratique, étaient des traîtres de la patrie, ceux qui trahissaient leur pays et leur peuple pour des intérêts. « A cause du secret qui avait assombri toute l´histoire, la recherche devint le cauchemar qui précédait le grand cauchemar de la découverte. J´avais commencé un voyage qui risquait de ressembler à de la noyade dans l´eau empoisonnée dans une cloche à plongeur ».

Ce qui énervait Higham le plus, c´était le fait que les affaires avec l´Allemagne nazie avaient continué même après l´attaque japonaise contre la base de la flotte des Etats-Unis, la Pearl Harbour, le dimanche 7 décembre 1941 et même après la déclaration de guerre d´ Hitler contre les Etats-Unis, le 9 décembre 1941. Pour les grands capitalistes des Etats-Unis, la guerre n´était pas quelque chose qui exigeait une prise de position au profit de son pays, qui exigeait qu´on se rassembla pour l´intérêt du pays. Au contraire. « Ils étaient unis par une idéologie: l´idéologie des affaires comme d´habitude (Business as Usual). Unis par les mêmes idées réactionnaires, ils virent un avenir commun sous le pouvoir fasciste, indépendamment de la personne du leader mondial qui pouvait réaliser cette ambition », écrit Higham. Lorsque la guerre commença à aller mal pour les Nazis et qu´ils commencèrent à perdre sérieusement, les hommes de la finance devinrent, selon Higham, plus « loyaux ». Et quand la guerre prit fin, « ils se dépêchèrent en Allemagne pour protéger leurs richesses, remettre les amis nazis aux postes les plus élevés, aider à provoquer la guerre froide».

 

 

 

 

Merci à M.Sousas Hemsida

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Published by Léthé - dans Histoire
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