Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 12:36

Jusqu'où est-on prêt à aller par respect de l'autorité ?


Une transposition de la célèbre expérimentation canonique de Stanley Milgram dans le contexte d’un jeu télévisé montre que la télévision sécrète un vrai pouvoir prescriptif au moins aussi fort que celui de la science dans les années 60. On va rappeler les recherches de Milgram, leur contexte, avant d’évoquer la transposition conduite en 2009 pour un projet de documentaire consacré aux dérives télévisuelles (jeux, téléréalité) qui pourraient un jour conduire à faire un spectacle de « la mort en direct ».

L'expérience de Milgram consistait à faire croire à deux cobayes qu'ils allaient participer à une expérience sur la mémoire. L'un devrait mémoriser une suite d'association de mot, puis l'autre l'interrogerait et lui administrerait un choc électrique en cas de mauvaise réponse. Un tirage au sort déterminait qui jouerait le rôle du questionneur et de l'interrogé. Mais en réalité, l'un des cobaye est un comédien travaillant avec Milgram et le tirage au sort est truqué afin que le seul vrai cobaye soit dans le rôle du questionneur.
Très vite, le comédien se trompe dans les réponses, et le questionneur doit envoyer une décharge électrique de plus en plus forte à chaque nouvelle réponse erronée. Ca commence à 20 volts, en augmentant de 20 à chaque fois pour finir à une décharge mortelle de de 380 volts. Le questionneur ne peut pas voir celui qu'il interroge, placé dans un local séparé, mais grâce à un haut parleur, il entend ses réponses... ou ses cris de douleurs et ses supplications d'arrêter. Lorsqu'il hésite à administrer la décharge, il reçoit une injonction de continuer par "l'autorité", représentée par un scientifique en blouse blanche qui lui dit "allez-y, ne vous inquiétez pas", ou bien "ne vous arrêtez pas, l'expérience doit continuer".

 

Bien que les participants aient été informés qu'ils ne gagneraient aucune somme d'argent puisqu'ils étaient censés participer à une émission test, l'autorité du contexte télévisuel et de l'animatrice amène les participants à se soumettre. Selon les premières estimations, le taux d'obéissance est de 81 % ; le documentaire compare ce résultat aux 62,5 % obtenus lors de l'expérience originale, mais oublie de préciser que plusieurs reproductions de l'expérience, aux Etats-Unis ou en Europe, ont donné des taux supérieurs à 80 %!!

 

chaise--lec-troude-ecrans.frComme on pouvait s'y attendre, l'émission de France 2 a explosé les chiffres de l'expérience de Milgram: 80% des personnes testées sont allées jusqu'au bout.
D'abord parce que les candidats questionneurs étaient alléchés par la promesse d'un gain de 1 millions d'euros, ce qui n'était pas le cas dans l'expérience d'origine.
Ensuite parce que nous sommes dans une société plus déshumanisée et sans valeurs que celle des années 60.
De plus, en 1960, les horreurs du nazisme étaient encore fraiches et donc plus présentes dans les esprits.

Avec le temps, les leçons de l'Histoire ont tendance à être oubliées, surtout quand les régimes au pouvoir favorisent l'amnésie collective.
Enfin, dans l'expérience de Milgram, "l'autorité" était représentée par des scientifiques. Or la télévision représente une "autorité" que les gens placent encore plus haut que la science.

 

"Démontrer le pouvoir d’asservissement de la télévision" : Voilà le pari du producteur du reportage mettant en scène ce jeu :

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

sarkostique 27/02/2011 15:53


A voir : le film " I comme Icare" .
Ce film Français d'Henry Verneuil illustre certains mécanismes ayant trait au complot et montre comment on peut transformer une personne ordinaire en tueuse, indépendamment de ses propres
valeurs... L'expérience elle-même est directement basée sur les expériences de Stanley Milgram. Ce film a le mérite d'offrir une illustration assez fidèle quant à la manipulation des masses.


amandine 27/02/2011 15:47


Perso, ce qui m'a beaucoup surprise, c'est la non réaction du public qui ne savait pas non plus que c'était faux. Les candidats étaient seuls, et je peux aisément comprendre qu'ils ne réagissent
pas étant donné l'ambiance et la pression. Par contre, dans le public, ils ont continué à applaudir et encourager le candidat à poursuivre. Ils n'avaient absolument pas la même pression que les
candidats, et sont sûrement venus "entre amis". Et pourtant aucune réaction, c'est effrayant.


malcom 27/02/2011 14:15


Le principe de cette expérience était de montrer l'influence de l'autorité vis à vis du sentiment de responsabilité du sujet, quel qu'il soit : La Télévision, les scientifiques, etc ...
Ainsi si notre supérieur, qui est sensé cadrer nos actions dans un domaine particulier (un scientifique qui organise une expérience par exemple mais aussi la une présentatrice qui produit une jeu
télé auquel Le sujet participe) le sujet est capable d'aller à l'encontre de son jugement (je ne dois pas continuer je lui fais mal)


ZEdith 27/02/2011 13:05


Je ne suis pas d’accord je trouve que c’est une expérience très
intéressante cela nous montre comment on peux être manipulé par les médias ou un gouvernement comme fut manipulé le peuple Allemand durant la seconde guerre mondiale; chaque allemand n’ayant pas
protester est en quelque sorte complice du génocide ayant décimée Juifs, Tziganes, handicapés ou encore homosexuel, sans parler des milliers d’opposants au Nazisme .
De nos jours on pense que ça ne pourrait plus arriver mais il est plus facile d’agir dans le sens des autre que de protester et peux de gens aurait le courage de le faire.


Alphi 27/02/2011 13:00


Mai faut arréter!!!!! STOP!
C du n importe quoi ! Où vas le monde ? serieu ? la télé est un média de manipulation serieu, et pousser les gens a fr sa mm si c faux c odieux … y a plus de valeurs himaines je trouves … . alors
il faut reconstruire ses valeurs et dire NON a ces conneries.


La Libre dépêche


 indiscret, bavard, le Cancanier  ce site, libre où vous pourrez piocher l'information, celle là même que l'on essaye souvent de vous cacher ou de vous interpréter.