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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 03:22

Après l'Afghanistan, le Yemen

 

L'intérêt de l’Afghanistan est très simple, c’est une partie du monde où se joue une partie d’échec gigantesque à l’échelle de la planète.
Les immenses réserves de pétrole et de gaz du Caucase, sont censées remplacer pour les américains les réserves de l’Arabie Saoudite dont ils ont bien profité pendant 50ans, et qui devraient les faire sortir de la crise. Pour y accéder , il faut traverser l’Afghanistan et le Pakistan avec des pipelines allant jusqu’à l’Océan Indien (dans des ports qui ne gèlent pas). Lorsque ce sera fait, le monde occidental ( sauce US ) sera sauvé , et la crise mise de côté pour 50 nouvelles années.

Mais voilà que le Yemen fait parler de lui comme exportateur mondial de gaz...

 

Simple coïncidence dans ce monde de brut ? Alors que début novembre, le Yemen est devenu un exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL ou LNG)  grâce à la mise en oeuvre de nouvelles installations dans le Golfe d'Aden dont Total possède près de 40% - l'ambassade de Grande-Bretagne à Sanaa a été fermée dimanche, après celle des Etats-Unis.

Raisons invoquées : des menaces d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique, faisant notamment suite à l'attentat raté de Noël sur le vol Amsterdam-Détroit. 

Alors, 2010 : l'année de la guerre du gaz ? L'avenir du Yemen et de l'Ukraine nous le dira ....

"L'ambassade a été fermée aujourd'hui par mesure de précaution, de crainte d'éventuelles réactions d'Al-Qaïda", a ainsi affirmé dimanche un responsable yemenite au sujet de l'ambassade  britannique. Tout en indiquant que l'ambassade n'avait pas reçu "de menaces directes d'Al-Qaïda".

"Certaines indications laissent penser qu'Al-Qaïda prépare un attentat contre un objectif à Sanaa, peut-être notre ambassade", a déclaré quant à lui à la chaîne CNN John Brennan, conseiller d'Obama pour la sécurité intérieure et la lutte anti-terroriste. Selon lui, plusieurs centaines de membres d'Al-Qaïda sont actuellement au Yémen.

Un contexte particulièrement tendu qui fait jour alors que début novembre, le président yéménite Ali Abdallah Saleh avait donné le coup d'envoi symbolique des premières exportations de GNL... Simple "hasard', alors que gaz et pétrole sont à l'origine  de moult conflits  par les temps qui courent ?


gaz-1Rappelons par ailleurs que le projet de Balhaf, dans le Golfe d'Aden, d'un montant de 4,5 milliards de dollars, représente un investissement majeur pour le Yémen.

L'usine est opérationnelle depuis le 15 octobre dernier via la mise en oeuvre d'un seul train de production. La construction d'une seconde infrastructure de ce type doit démarrer en février/mars prochain. Théoriquement .... Car le cours des choses pourrait subir quelques modifications  compte-tenu du "climat" actuel ...

Notons  toutefois que le gaz yéménite présente bien des avantages en matière de qualité et de localisation géographique par rapport à ses principaux concurrents de la région (Qatar et Iran notamment, situés dans le Golfe persique) ....

En cas de maintien de planning, la production serait alors de 40.000 m3 par jour, pour une production actuelle d'un peu moins de 20.000 m3 par jour. A terme, la production devrait atteindre jusqu'à 6,7 millions de tonnes par an.

Le GNL devrait être exporté en Corée du sud mais également en Europe et en Amérique du Nord. Le projet devrait générer sur 25 ans entre 30 et 40 milliards de dollars de revenus pour le Trésor du Yémen, l'un des pays les plus pauvres de la planète. A terme, les exportations de GNL du pays équivaudront à 180.000 barils de pétrole par jour.

A noter également : durant les années nécessaires à la mise en oeuvre du projet, aucune attaque significative n'a été dirigée contre les installations ou le personnel. Le conflit dans la province de Saada entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par les Etats-Unis se poursuit de manière intermittente depuis 2004.

Rappelons également qu'en avril 2008, Total avait annoncé avoir décidé de rapatrier en France les enfants de ses salariés au Yémen. Nulle crainte à avoir affirmait alors la compagnie, la décision n'étant à voir que comme une mesure "de précaution" destinée à préserver leur sécurité. Une "trentaine" de familles aurait été concernée.



L’objectif à court terme pour les USA est multiple : imposer leur domination sur les étroits passages de la Mer Rouge et du Canal de Suez, soulager le dollar qui est au bord du gouffre en stimulant une hausse du prix du baril de pétrole.

D’où la première étape : augmenter la tension dans la péninsule arabique. Dans ce contexte, d’après Tarpley, Muttallab dans sa mise en scène dans l'attentat du vol 253 est simplement une marionnette des Services secrets utilisée comme une provocation qui devait avoir le maximum d’effets avec le minimum de moyens.

Le tout facilité par la perception générale sur Al-Qaida qu’aucun rédacteur ou homme politique n’ose remettre en cause en Occident. Sous peine de devoir rouvir la question du 11/9 et de passer pour un "théoricien du complot".

Si al-Qaida n’est pas une organisation, alors qu’est-ce que c’est ?

On nous dit que c’est une étiquette, une sorte de logo, comme une “franchise du terrorisme international”. Et cela arrange ceux qui l’utilisent, et encore plus ceux qui, en théorie, la combattent.

Al-Qaida constitue pour les gouvernements qui affirment être en guerre contre le terrorisme, un ennemi pratique à désigner à l’opinion publique, un alibi idéal pour instrumentaliser des buts internes (lois d’exception toujours plus restrictives, libertés individuelles toujours plus contraintes). Al-Qaida apparaît tellement “fonctionnelle ” pour de nombreux gouvernements occidentaux. Si elle n’existait pas, ils auraient tout intérêt à l’inventer et à l’évoquer.

Au Yémen, selon le NYT, la CIA est déjà très active depuis plus d’un an dans le cadre d’opérations clandestines et la formation d’agents gouvernementaux de contre insurrection. Dans les 18 mois à venir, le gouvernement US va dépenser 70 millions de $ pour financer le déploiement et l’entraînement de forces spéciales US et pour équiper les forces armées yéménites, soit le double de ce qui avait été dépensé auparavant.

L’administration Obama essaie de développer des relations de vassalité avec l’actuel président du Yémen, Ali Abdullah Saleh. Ce pays occupe une position stratégique dans la péninsule arabique et selon Christopher Boucek, spécialiste du Yémen à la Carnegie Endowment for International Peace à Washington «les problèmes de sécurité au Yémen ne sont pas l’affaire du seul Yémen… ce sont des problèmes qui affectent totalement les intérêts occidentaux ». Autrement dit, l’interventionnisme guerrier américain a trouvé une nouvelle proie : ce pays pauvre, instable, dont les dirigeants sont facilement manipulables.

Les USA se sont fait une spécialité d’attaquer ce genre de pays faible stratégiquement bien situé.

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commentaires

Chavez 23/01/2010 22:32


Un jour viendra ou il n'y aura plus de pétrole ou du moins n'aura plus de valeur,ce jour on aura la paix au moyen-orient.La ou il y a de la fortune il y a des voleurs et des voleurs et des
voleurs.Ainsi soit-il.Avant d etre désolé Mr Hervé Morin pour les arabes,il faut blamer ceux qui fournissent les armes et soutiennent les tueurs.

Trop de démagogie tue!! Que faut il faire, pirater les locaux de france télévision et de TF1 pour dire la vérité?!


Sylvie 23/01/2010 22:29


Yémen, prémices d'une tactique planétaire ?



Ce nouveau conflit est plus grave qu'il n'y parait... Certes, les médias tendent à minimiser les faits : "Obama est décidé à éliminer les bases d'Al-Qaïda. Mais il n'est pas question d'ouvrir un
nouveau front" (9). En réalité, les populations commencent à pâtir sérieusement de cette guerre qui n'en est pas une, une fois de plus ( raids aériens, drones, meurtres ciblés... (10)), et les
choix effectués par le Pentagone illustrent parfaitement les objectifs réels du Prix Nobel de la Paix, nouveau visage d'une politique qui ne varie pas, furieusement néocoloniale, impériale,
hors-la-loi, comme du temps de Bush.



Nous assistons aux prémices, bien entamés, d'une tactique planétaire: prendre prétexte d'un fait plus ou moins mis en scène, et complaisamment relayé par une presse servile, pour s'implanter sur
toujours plus de territoires: mise en place de bases militaires et de marionnettes dévouées aux ordres de Washington, pillage des ressources, contrôle des populations et des zones, voire des routes
pétrolières, signaux lancés aux rivaux, supplantation des Chinois ou des Russes, etc. À ce tragique jeu, qui commence par des opérations de basse intensité et se termine par la sanglante mise à sac
de tout le territoire convoité, les Occidentaux sont passés maîtres. Ils avancent pas à pas, mais tout, au final, tombe dans leur escarcelle...

Alors je vous le dis à tous, mais qu'attendez vous, révolution!

Merci pour l'article :)


al3 21/01/2010 04:22


De toute façon, la première fois que j’ai entendu cette histoire d’attaque ratée, je me suis immédiatement douté que c’était sous fausse bannière, ils voient que leurs méthodes marchent, donc
forcémment, ils continuent et en profitent de plus en plus, mais, je pense qu’ils commencent à aller trop loin, il y a une limite ou les gens commencent à comprendre et à se réveiller, le foutage
de gueule se terminera bientôt.
Et, personnellement, je ne pense pas que Obama puisse changer grand chose quant à la politique étrangère des Etats-Unis, il y a des gens à l’intérieur de ce pays qui ont sans aucun doute des moyens
de pressions qu’ils exercent sur Obama. Ce n’est pas un hasard si la plupart des présidents des Etats-Unis ont été tués! Notamment en ce qui concerne J-F-K, dès qu’un président essaye de changer la
ligne de conduite du pays à l’étranger, il se met immédiatement en danger,


bingo 21/01/2010 04:18


Pour ajouter à l’étrangeté de la situation, cela fait deux semaines que Saoudiens et Etatsuniens bombardent déjà des insurgés au Yémen.
Source: http://www.presstv.ir


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